La rénovation en chiffres

Il existe des normes

Elles fixent le niveau minimal des efforts qu’il faudra fournir pour faire en sorte que nos bâtiments soient suffisamment isolés pour répondre aux promesses signées par l’Europe lors des accords de la COP21.

Ces objectifs visent la neutralité carbone de l’Union européenne à l’horizon 2050.

Cela peut sembler bien loin, pourtant, c’est maintenant qu’il faut commencer à agir si nous voulons y arriver. D’autant plus qu’à partir de 2030, les travaux de mise en conformité énergétique des bâtiments deviendront obligatoires lors d’une vente. Tout comme il est obligatoire de rénover une installation électrique non conforme. Les nouveaux propriétaires seront alors tenus d’effectuer la mise en conformité dans les 5 ans qui suivront l’achat et Il y a fort à parier que ceci grèvera fortement la valeur de revente des maisons qui ne seront pas conformes…

Le certificat PEB

Pour Performance Énergétique du Bâtiment ; c’est sa carte d’identité énergétique. Il est calculé par un « auditeur PEB » sur base de l’étude de votre habitation. Entrent bien sûr en ligne de compte la constitution des parois, sols, murs, plafonds, portes et fenêtres mais aussi l’étanchéité à l’air, le type de chauffage utilisé et son rendement, l’existence ou non de panneaux solaires, etc. Le but est de connaitre avec exactitude ses besoins en énergie et de permettre d’effectuer une comparaison avec d’autres bâtiments semblables.

Depuis 2010, l’exigence lors de la construction de bâtiments neufs ou lors de grosses rénovations est un niveau B mais elle sera renforcée au niveau A dès le 1er Janvier 2021.C’est ce que notre gouvernement a appelé le plan Q ZEN  (pour « Quasi Zéro Energie »).

Le niveau d’isolation

L’isolation d’une paroi est définie par la valeur U. Cette unité de mesure d’une paroi de construction indique la quantité de chaleur perdue par seconde et par mètre carré si la différence de température entre les ambiances situées de part et d’autre de la paroi est de 1°C. Son unité est le W/m².K. Multipliée par la superficie de chaque paroi, elle permet de connaitre le besoin en énergie du bâtiment.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des épaisseurs d’isolant qu’il faudra mettre en place.

HABITATION Q-ZEN    (QUASI ZERO ENERGIE)

VALEUR U MAXIMALE    EPAISSEUR D’ISOLANT MINIMALE
   TOITS/SOL DE GRENIER 0,24 p. ex. : 20 cm de laine minérale
   MURS 0,24 p. ex. : 10 cm de polyuréthane
   SOLS 0,24 p. ex. : 10 cm de polyuréthane
   VITRAGE 1,1 p.ex. : Double vitrage 4/15/4 rempli d’Argon (U: 1.0)
   VITRAGE ET CHÂSSIS 1,5 p.ex. : Châssis PVC (U: 1.5) et vitrage ci-dessus

Comme vous le voyez, c’est loin d’être des objectifs difficiles à atteindre et, bien sûr, vous pouvez faire mieux…

Les niveaux K et E

Sans unités,  le niveau K permet de comparer la performance  globale de l’enveloppe complète: murs, toit sols, fenêtres, … de divers bâtiment indépendamment de leur forme, de leur dimension et de leur volume. Un bâtiment vaste, de forme complexe et d’un grand volume nécessitera bien plus d’énergie pour le chauffer qu’un petit appartement ‘enclavé’ au milieu d’un immeuble. Pour répondre au  niveau d’exigence actuel des bâtiments neufs qui est de K 35,  il sera donc nécessaire d’apporter bien plus de soin à améliorer les performances énergétiques d’une vaste demeure à la campagne que d’une maison mitoyenne en centre ville.

Le niveau E, dépourvu lui aussi d’unité. Fixé actuellement à une valeur E60, il vise le même objectif de comparaison  entre bâtiments différents mais dans ce cas, pour les moyens de production énergétiques. Il dépendra bien entendu de la performance du bâtiment mais aussi de celle des moyens de chauffage utilisés,  de la présence de systèmes de production solaires ou biomasse,… mais aussi de la répartition des pertes qu’engendre leur position dans le bâtiment (ex.: Un gros chauffe eau  installé à 20m de la salle de bain nécessitera d’utiliser beaucoup d’eau pour réchauffer les conduites avant de faire couler son bain).

L’étanchéité à l’air

L’étanchéité à l’air est vérifiée lors d’un test d’infiltrométrie, souvent appelé ‘doorblower test’. Il consiste à simuler une journée de grand vent et est effectué en créant successivement une dépression puis une surpression de 50 millibar dans la maison par rapport à la pression atmosphérique extérieure.
Pour ce faire, on utilise un gros ventilateur installé comme le nom du test l’indique dans l’encadrement de la porte d’entrée. Pendant le test, des capteurs enregistrent la quantité d’air qu’il est nécessaire d’aspirer (ou de souffler) dans la maison pour maintenir cette dépression (ou surpression) à un niveau constant, ce sont les fuites mesurées en m³/h.

Les fuites, calculées en fonction de la surface de votre bâtiment, permettent de définir la valeur n50 (en m³/m²h) utilisée lors du calcul du PEB.

Contrairement à la Flandre et à Bruxelles, la Région wallonne n’a pas émis d’exigences concernant l’étanchéité à l’air mis à part pour l’obtention du label ‘Maison Passive’ où l’exigence est de 1m³/m²h.

Pourquoi alors effectuer ce test me direz-vous ?
Lors du calcul du PEB, en l’absence de test, l’auditeur PEB utilisera une valeur par défaut de 12m³/m²h.
Cette valeur, basée sur une estimation des fuites d’une maison ancienne non étanchéifiée, grèvera fortement le calcul.

Prenons un exemple concret :

Notre bâtiment a reçu 30 cm d’isolant dans les combles non utilisés, nous avons fait insuffler des microbilles de PU dans la coulisse des murs et remplacé les menuiseries extérieures anciennes par des modèles performants. Le calcul des déperditions, sur base des valeurs d’étanchéité par défaut, montre qu’il nécessite maintenant 175 W/m².K d’énergie primaire pour assurer nos besoins de chauffage, ce qui est suffisant pour obtenir un PEB C…

  1. Pendant ces travaux, nous avons bien sûr installé une membrane d’étanchéité à l’air sous l’isolation, et porté un peu d’attention à colmater au mieux les fuites lors des travaux d’installation des menuiseries…Dans ces conditions, un ‘Doorblower Test’ peut très facilement donner un résultat de 7 ou 8 m³/m².h, nous propulsant vers un PEB B…
  2. Sur cette même base, avec des efforts plus soutenus lors de la réalisation des jonctions entre les murs, la toiture et les châssis en prenant soin d’étanchéifier correctement les perçages entrant et sortant du volume protégé. L’infiltrométrie pourra facilement donner des résultats de 4, voire 3 m³/m².h… Et un PEB A !

Alors, utile ou pas le test ?

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